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Autoroute, Vitesse et Lumière

Bon,jour, je poste aujoud'hui le texte qu'un pote m'a écrit à propos de la série Autobahn

Merci beaucoup Arthur Jules pour ces réflections, on se retrouve pour les radiations.

Photo : Arthur Jules

Autoroute, vitesse et lumière


Un cliché pris et archivé en quelque sorte arrête le temps, l’obturateur s’ouvre et le capteur saisit une fraction de lumière, une fraction du réel sur une temporalité. Du sujet à la caméra, il est question de vitesse, un objet fixé dans le temps par la prise de vue est le résultat d’une vitesse de pointe à un moment donné. Cette vitesse, lumineuse, de la lumière, summum des projections technologiques, se voit ici représentée, imagée, par l’habitacle automobile, et d’autre part, par l’infrastructure autoroutière. Objet technologique du mouvement, de la projection vers un toujours plus loin, un toujours plus vite.

Cette série « autoroute » est une série à plusieurs temporalités, à plusieurs vitesses. D’une part, la voiture lumineuse, celle qui agit sur l’espace-temps, est à la fois le centre de cette célérité et à la fois elle agit comme pare-lumière pour le conducteur. Elle crée un espace d’ombre, protège celui-ci de ce qui fait vitesse, ce qui fait lumière. Le passager que l’on pourrait croire fixé dans le temps par la photographie est en fait fixé dans le temps par la vitesse, il existe à un autre régime. Un régime beaucoup plus lent faisant écho à ce panneau de signalisation indiquant des travaux, rappelant peut-être aux conducteurs qu’il existe d’autres temporalités, d’autres vélocités en dehors de leurs habitacles. Peut-être une manière de se connecter momentanément à ces ouvriers qui travaillent à l’infrastructure de la vitesse, pour par la suite se replonger dans cette architecture autoritaire dédiée à la lumière. Une "architecture lumineuse", car ce qu’il pourra percevoir après la traversée de cet espace qui ralentit le temps ne sera que « formes lumineuses » floue et innommable. Traveling cinématographique qui le plongera encore une fois dans un autre espace-temps.

En rêvassant un peu plus sur la vitesse et ces portraits de conducteur on pourrait voire sur la cuirasse de ces véhicules, un environnement se sublimant par le reflet, qui nous laisserait à penser que tel une armure la voiture protège le pilote de ce fast visuel. Il en deviendrait un chevalier, traversant le royaume de la vitesse autant qu’un voyageur intemporel.



Idées faisant écho à celle de Paul Virilio théoricien de la vitesse :


« … L’espace militaire se développe, le cavalier parasite de la monture laisse place à la machine à circuler, l’attelage renouvelle le couplage et nécessite le renouvellement des voies, c’est-à-dire, la désertification et la rectification du chemin. Premier « glacis militaire », la route n’est qu’un défrichement linéaire offert à la « divine célérité », du char de guerre, terre brulée par les véhicules, surface décapée, la voie instrumentale mésopotamienne se veut indépendante, uniformité, unidiréctionalitée, la vitesse provoque le vide et le vide, le vite… »


Paul Virilo L’horizon négatif,p. 49 galilée, 1984

 
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